Formation NTP

Cadrer sa folie, rendre fou le rythme : Avec le Dindon de Feydeau et le Misanthrope de Molière

Programme détaillé

Le Nouveau Théâtre populaire a depuis 2009 la particularité d’être un collectif de 20 acteur.ices et metteur.es en scènes qui explorent l’idée d’un théâtre populaire en plein air, à Fontaine Guérin dans le Maine-et Loire. Cette troupe d’artistes a aussi pour principe de travailler vite : nous montons nos spectacles en 17 jours. Cette contrainte, qui n’est pas des moindres, a été pour nous, davantage qu’une contrainte, une opportunité. Nous croyons que les contraintes sont des forces, et qu’elles permettent autant la rigueur que l’inventivité et le déploiement de capacités insoupçonnées. Comment transformer une contrainte en opportunité ? C’est ainsi que nous travaillons depuis plus de 16 ans et c’est cela que nous aimerions transmettre avec ce stage. 

Frédéric Jessua proposera un travail autour du Dindon, il a monté de nombreux Feydeau au Nouveau Théâtre Populaire, notamment Tailleur pour Dames que l’on retrouvera dès l’année prochaine dans le cadre du festival. Pauline Bolcatto, elle, abordera Le Misanthrope souhaitant partager un apprentissage mené sur plusieurs années auprès de François Regnault, un des grands spécialistes de l’alexandrin. 

C’est très joyeusement que nous souhaitons aborder une recherche centrale pour la mise en jeu et la théâtralité en nous attaquant à deux pièces très exigeantes rythmiquement pour des raisons différentes. En effet, la question du rythme et du cadre apporté par ces deux œuvres mises en parallèle nous semble parfaitement se compléter pour ce qui sera l’objet de notre recherche : Feydeau offre la dextérité de jeu que son écriture exige, Molière demande une profondeur par la versification de la pièce.

Nous souhaitons explorer deux cadres forts pour amener l’acteur à se déployer, à rechercher la folie de l’interprétation grâce à la contrainte du rythme. Que l’acteur ne subisse pas la contrainte, mais qu’il s’en serve comme appui solide, comme atout pour proposer au plateau, pour donner à voir toutes les facettes de son jeu d’acteur.

Chez Feydeau le rythme est le cœur battant des pièces, la pièce tient par le rythme collectif, effréné et commun. Chez Feydeau il faut jouer plus vite que soi-même pour trouver la comédie, et mener la mécanique des personnages à la folie.

Dans le Misanthrope la rythmique s’incarne par l’alexandrin, une contrainte rythmique toute aussi forte et exigeante puisqu’elle est -avec ses douze pieds- la colonne vertébrale du texte. Tout l’enjeu est alors de savoir s’imprégner de cette rythmique afin qu’elle devienne si naturelle, si organique même, qu’elle transcende le jeu des acteurs. Nous avons trouvé pertinent de travailler côte à côte ces deux contraintes rythmiques qui mêlent à la fois une extrême rigueur et un abandon total. Aussi, ces deux pièces elles-mêmes se font écho en ce qu’elles donnent toutes deux à voir le vernis social s’écailler face aux pulsions amoureuses, et conduisent des personnages coincés entre conventions et passions, à frôler la folie.

De nos jours, nous le savons, les moyens de production des spectacles sont de plus en plus réduits, les temps de répétition le sont aussi. Les acteurs doivent alors travailler plus vite et savoir proposer le plus efficacement possible, faire de chaque contrainte une opportunité pour rendre le jeu plus large, plus inventif, plus riche et plus immédiat, savoir jouer mettre en scène, se mettre en scène. Ce travail semble de plus en plus nécessaire de nos jours.

L’ensemble du stage se fera en cohérence avec la pratique particulière de la troupe du Nouveau Théâtre Populaire, élaborée depuis sa création en 2009 : intensité et brièveté des répétitions, radicalité des choix esthétiques, engagement total dans le jeu, autonomie et liberté des interprètes. Dans cette logique, nous nous donnons pour objectif de récapituler l’ensemble des scènes traversées à l’occasion du dernier jour du stage, en extérieur et tambour battant. 

OBJECTIFS PÉDAGOGIQUES

  • Inventer une mise en jeu et une mise en espace dans un temps de travail très court.
  • Engager le corps et la voix de l’acteur dans le cadre d’un théâtre de la pauvreté.
  • Développer l’autonomie de l’acteur.
  • Gérer les contraintes fortes du texte (Alexandrin, etc.)
  • Développer un jeu physique, non psychologique, ancré dans le corps
  • Augmenter sa puissance scénique vocale et physique en expérimentant le théâtre de plein air. 

Le site du Nouveau Théâtre Populaire

Pratique

Public concerné

Détail des modules

N.B : Chaque stagiaire aura été contacté par mail afin de pouvoir anticiper le travail, notamment les textes à apprendre.  Accueil des participant·es Présentation du Nouveau Théâtre Populaire, des formateur·rices et de Cyclorama Présentation du lieu et des supports pédagogiques à disposition Présentation des stagiaires de leur parcours et de leurs attentes  
Présentation du corpus préparé par les formateur·rices Lecture « jouée » du corpus, et débriefing. Travail à la table et discussion dramaturgique autour de ces corpus et de leur construction rythmique. Exercices préparatoires aux journées suivantes
Exploration du rythme : travail de rythmique sur les textes et leur mise en voix : La vitesse collective chez Feydeau et les didascalies de jeu ; les 12 pieds de l’alexandrin et l’étude précise de sa prononciation chez Molière. Incarnation des personnages, engagement physique et émotionnel par la comédie. Construction d’une mise en espace efficace et lisible.
À la fin de la première semaine, nous réaliserons un premier monstre des scènes déjà montées afin de se lancer dans la deuxième semaine dans un objectif d’approfondissement et de précision dans la mise en jeu des scènes.
Approfondissement du travail mené sur les contraintes rythmiques des textes proposés. Préparation d’une restitution des scènes travaillées.
Présentation des résultats de cette exploration, puis analyse et discussion du travail mené. Réalisation d’un bilan de la formation entre les formateur·rices et les stagiaires.

Les formateur·rice·s

Pauline Bolcatto Formée au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (promotion 2013), elle a joué notamment sous la direction de Léo Cohen-Paperman (Les Nuits blanches, d’après Dostoïevski, Le Dîner Chez les Français), Lazare Herson-Macarel (L’Enfant Meurtrier, Odéon : Ateliers Berthier ; Peau d’Ane au Maroc et au Théâtre Paris Villette), Simon Falguières, (Le Songe D’une nuit d’été, Shakespeare), Camille Bernon et Simon Bourgade (Change me, Théâtre de la Tempête, et au Théâtre Paris Villette; Le Conte d’Hiver, en création). Mais aussi avec Sophie Guibard, Emilien Diard-Detœuf et julie Ménard, Cendre Chassagne, Jacques Falguières, Christtine Berg et enfin elle joue depuis plus de dix ans avec Brigitte Jaques-Wajeman et François Regnault (Polyeucte de Corneille, Phèdre de Racine, La Mouette de Tchekhov, Vie et Destin de Grossman,Théâtre de la Ville). Elle a co-fondé le Festival du Nouveau Théâtre Populaire (NTP) dont elle est aujourd’hui co-directrice et au sein duquel elle a participé à une vingtaine de créations en tant qu’actrice et metteuse en scène depuis 2009. En 2021 c’est avec ce collectif qu’elle joue dans Le Ciel, La Nuit, la Fête, une trilogie de 7h créée pour le Festival d’Avignon. Frédéric Jessua Il se forme au Studio 34 (jeu 2000), au CNSAD (mise en scène 2011) et suit un atelier en anglais avec Edward Bond (ARTA 2003).  Bilingue en anglais, il a traduit des pièces élisabéthaines. Cofondateur de la compagnie acte6 en 1999, il participe en tant que comédien et directeur de production à la création d’une douzaine de spectacles.  Il met en scène Le Misanthrope de Molière (2007), sept pièces du répertoire du Grand Guignol (2008), Annabella d’après John Ford (2016), Tout est bien qui finit bien de William Shakespeare (2025). En 2011, il écrit son premier texte, un seul en scène fondé sur son expérience en intervention chez les Pompiers de Paris lors de son service militaire. Fort de cette nouvelle expérience, il souhaite développer des créations plus contemporaines mêlant son gout pour l’Histoire, l’actualité, la recherche et la médiation. Il crée alors la BOITE à outils dont deux de ses créations, autour des figures de Kurt Cobain et Lana Wachowski, sont créées à La Loge à Paris, et l’une sélectionnée au Festival Impatience 2014.  Il participe aussi depuis 2011 à l’élaboration et au développement du Festival NTP en Anjou où il joue et met en scène régulièrement, dernièrement La Nuit de Madame Lucienne de Copi en 2025.  Il lance en 2014, un événement radio-Théâtral, EPOC, en relation avec l’actualité du moment. Il enseigne à l’Ecole du Jeu), dirige des ateliers d’acteurs au Théâtre de la Tempête, au Collectif du Libre Acteur, anime un atelier au CNSAD (promotion 2021), à La Loge et au Studio de Formation Théâtrale de Vitry.  Il est également photographe et batteur et est titulaire d’une maîtrise de Gestion à l’Université Paris IX Dauphine.   

Méthodes pédagogiques

Travail à la table :  Présentation de notre méthode de travail durant le stage Études dramaturgiques des textes et des situations Travail rigoureux sur le rythme, la diction et la contrainte formelle Travail au plateau :  Improvisations physiques de mise en jeu à partir des différents matériaux textuels Travail personnel et collectif autour de propositions rythmiques. Travail de scènes dirigé par les intervenants·es Participation à un objet théâtral autour de contraintes fortes apportées par les textes.

Moyens techniques

Plateau de jeu Si la météo le permet, le travail se fera sur le plateau Jean Vilar, sur lequel toutes les créations du Nouveau théâtre Populaire ont eu lieu.

Modalité d'évaluation

Les acquis théoriques et pratiques appliqués au plateau feront l’objet d’un processus d’évaluation continue par les formateurs·rices durant tout le déroulé de la formation en rapport avec les objectifs pédagogiques, sanctionné par un formulaire d’évaluation rempli par les formateurs·rices en fin de parcours. Un regard attentif sera porté sur l’engagement du stagiaire tout au long du processus de travail. Les stagiaires seront amenés à pratiquer une autoévaluation sur l’acquisition et l’amélioration des compétences. Un bilan pédagogique de la formation et des stagiaires sera réalisé le dernier jour du stage avec l’ensemble des participants, les intervenant·es et le responsable de la formation.

Tarifs et prise en charge

3 000€ HT (3 600€ TTC) pour les personnes relevant de l’AFDAS. Les tarifs sont adaptés en fonction de votre organisme de prise en charge et un tarif spécial est proposé aux stagiaires ne bénéficiant d’aucune prise en charge par un organisme tiers.

Cyclorama vous accompagne dans vos démarches de financement.

Pour les personnes ne bénéficiant pas de financement ou ne sachant pas comment y accéder, prendre contact avec Cyclorama : formation@cyclo-rama.com

Méthodes, moyens et modalités